Lune des loups

 

Combien d'hivers ?
Combien de printemps ?
Combien de lunes ?
combien de vagues à venir mourir sur mes rivages ?
Combien de souffles ...

me séparent encore de toi ?

je l'ignore
et chaque pas que je pose s'efface dans l'instant
emporté par la vague
l'onde de mon cœur qui bat
de la vie qui se dissout et s'expand en un même mouvement .

Combien de volcans s'éteignent dans mon sommeil
combien se réveillent sur cette terre craquelée ?
Nul ne sait .

La mort et la vie s'enlacent intimement au creux de mes cellules,
elles sont une
de cela parfois je me souviens .
Un voile plus fin qu'une plume d'ange semble les séparer .
Il n'en est rien .
l'amour divin les lie à l'infini .

Je suis là,
face à toi
et tes mots invisibles ouvrent la porte ...
ta présence lumineuse
semble dialoguer paisiblement  avec mes ombres émues et l'humanité de mes peurs .
Toi , moi ... pas même un voile entre chaque
souffle
le cœur immensément ouvert
embrasse l'éternité de l'instant
accueilli dans ton silence
le bruit de mes pas se meurt
jusque nulle part
l'instant vibrant
si vivant
Unique .

Combien de lunes et de marées m'emporteront sans cesse au seuil de cela qui est
toimoi liés à la vie à la mort
plus d'avant ni d’après .
Le souffle vient caresser le vide immanent
 la plénitude révélée .
Une plume s'envole au vent
l'étoile muette traverse les nues
combien ?
Aucune .
Michel
 

Dépouillement

Le jour embrumé se lève
et les arbres couverts de givre
se tiennent immobiles et nus
accueillant le froid silence .
Ils semblent m'inviter patiemment
à être là et me poser
avec tout ce qui s'agite en moi et se débat,
vie-mort-passé-futur intimement enlacés ...

 Leur doux chaos résonne au cœur de ce corps,
ce temple de l'obscur lumineux
où le sans nom vibre sans cesse de tout son amour .
 
 
Le soleil perce déjà et vient dissoudre le brouillard .
L'instant hors du temps résonne par delà .
L'attente éperdue et la quête infinie
s'évanouissent en un souffle
une prière sans mots
un rien apparemment vide de sens
ouvert sur le tout, l'un-connu .

Dans la chaleur de la souvenance,
ce que je suis ou croyais être a volé en éclats .
 ... le scintillement léger des cristaux de glace,
multitude unie
fondant dans la lumière,
me ramène tendrement
à l'abandon,
la paix du vide,

la joie d'être .

 

Michel


Nulle part où aller... ou la souvenance unie ... vers elle

 

Quelque part dans la neige de ma mémoire,
se perdent des empreintes
empruntées il y a longtemps
à un ancêtre inconnu .

Par delà l'oubli
les croyances
les idoles et les dogmes
par delà
les murailles,
les écritures sacrées et les doutes,
par delà ce que j'ignore
ou crois savoir ...

des portes s'ouvrent à chaque instant
des murs épais s'effondrent
au premier souffle
emprunté
à la brise du matin,
aux chants du ruisseau et de la tourterelle,
aux arbres
et à la terre
respirant de concert .

Invitations à laisser les empreintes,
lâcher mes re-pères
 m'asseoir au delà
des limites tracées
et me poser dans le champ vibrant,
la présence à ce qui est .


Nulle part où aller
nul chemin menant ailleurs qu'ici
nulle quête à mener
nulle direction vers où tendre .
doucement ... me détendre et laisser être
ce qui est déjà
de toute éternité

sans avant ni après
sans moins ni plus


rien à faire ... rien à accomplir
rien à réparer
juste laisser se défaire ce qui se noue
accueillir tel un ami, le silence du vide
se recueillir en sa plénitude ...
Laisser le son de la source
accorder mon coeur
mon corps et mon âme .

S'abandonner .

Remercier .

Inspir après expir
la neige fond
et lentement
les traces en cercle s'effacent .

Quelque part, entre le clair et l'obscur,
l'aube approche
 ... l'absence s'évanouit dans sa rosée .
La quête perd son sens
et le  parfum de l'Un
me ramène tendrement
à sa souvenance,
à sa joie
souveraine
immuable
infinie

 

Michel


Hymne à mon amie la Fauvette

 

L'invitation du ruisseau
me murmure
l'abandon et sa plénitude
le laisser être
dans le flot de la vie ...
sa respiration
au dedans,
et tout autour .

...tout autour ...
le bourgeonnement jaillissant,
les oiseaux à "coeur-joie"...

Là, tout prés, sur une branche,
une fauvette
se pose et me surprend .
... elle donne son chant d'amour ,
et vient réveiller en moi la joie des larmes
... les larmes de la joie ?
Je ne sais plus ...
tout semble avoir disparu
le temps de cette offrande .

Léger battement d'ailes,
... sensation de silence au coeur d'un sourire béat...

Tout autour
dans le soleil du matin naissant,
l'écoulement du ruisseau,
l'orchestre voletant de toutes parts
improvisent un  hymne à la joie
à faire frémir la sève des arbres,
depuis les racines jusqu'à la canopée,
et s'épanouir les fleurs de vie .

 

Michel


Sel de l'Univers

Poussière ...
Grain de sel
égaré dans l'univers
la terre poursuit sa course tournoyante ...

graine de vie
semée
dans l'océan cosmique
comme dans mon coeur,
rêvant de s'ouvrir à plus grand .
Là, dans le silence et l'écoute curieuse
j'entends le vent du souffle
allant et venant,
douce vibration reliée au tout
expansion où viennent se perdre le dedans et le dehors .

goût de sel
d'une larme égarée sur ma joue,
goutte d'humanité
roulant d'une mer à l'autre :
la même mère
universelle et infinie
Océan d'amour sans condition
dont parfois je me souviens ...
Dans le souffle et ses grandes marées
il va ...il  vient ...
De plénitude en vacuité,
Vibre doucement et tournoie .
Le coeur est vaste
et le temps venu de marcher vers l'un
pas à pas
larme après larme
ou juste
d'être ...
joie !?!

 

Michel




Retour à l'Humus
Je ne trouve pas les mots pour dire la merveille qui s'exprime de toutes parts, là, juste dans le jardin et tout autour ...
La grande chute se prépare tranquillement
les feuilles meurent une à une, offrant leur ultime splendeur à mes yeux d'enfants .
La mère terre me parle d'abandon
d'Humilité et de mise à nu
avant de descendre en silence dans les profondeurs de l'hiver .
Après les belles récoltes et les premiers feux de bois
cette simple vision vient nourrir une joie douce
teintée de mélancolie et de confiance .
Elle me prépare au plongeon vers l'obscur
le mystère de l'Humus
et des cycles de la vie parfois oubliés par l'Humain .
 En cette fin d'année celte
L'appel est fort
qui me rappelle à moi-même
à ma reliance au grand tout .
le parfum du terreau
le chant du vent et des feuilles
et le tournoiement des derviches
la vie, la mort ...
l'éternité

Michel